
Et dire qu’en France, notre aventure commença « avec une histoire de champs, de bikinis, et de grands dadets connaissant 3 mots de français… »

Et dire qu’en France, notre aventure commença « avec une histoire de champs, de bikinis, et de grands dadets connaissant 3 mots de français… »

Le 5 mai 1978, Misters Cohen & Greenfield ouvraient leur première boutique Ben & Jerry’s, dans une ancienne station service de Burlington, dans le Vermont.
Un site célébrant cet anniversaire vient d’être créé par nos confrères « états-uniens ». Au programme : un scrapbook – ou cahier photo – consacré à ces 30 années d’aventures givrées, un jeu d’anagrammes et un parfum au bon goût de gâteau à 3 étages (pas prévu en France, sorry).
Le scrapbook vaut vraiment le détour, avec le récit année par année de l’évolution de Ben & Jerry’s, des nouveaux parfums (plein), des actions militantes et d’autres anecdotes.
Cette histoire est avant tout américaine car nous sommes arrivés en Europe bien plus tard. Vous trouverez néanmoins pas mal d’informations sur notre parcours européen dans les rapports sociaux et environnementaux.
Et je vous raconterai prochainement comment nous avons débuté en France : avec une histoire de champs, de bikinis, et de grands dadets connaissant 3 mots de français…
Concernant le jeu de Vendredi, voici les autres bonnes réponses :
Pour cette dernière, c’était difficile de deviner car ce parfum est surtout connu pour avoir été une exclusivité de nos boutiques depuis (presque) toujours.
Bravo à Deeath, une vieille connaissance (surprise !), et à mrboo, un sacré joueur qui porte avec élégance le costume de vache. Ces 2 là ont trouvé les bonnes réponses quasi en même temps, ils auront tous les 2 le droit de se régaler : l’interview pour Deeath, un petit bon d’achat pour François !

Nous célébrons cette année un sacré anniversaire. J’en connais 2 – et tous ceux qui les ont rejoints en route – qui ne doivent pas en revenir d’avoir vécu une telle aventure.
Pour fêter l’événement, que diriez-vous d’une nouvelle invitation pour une interview dégustation dans une boutique parisienne ?
Juste en tête à tête, glace à glace, vous et moi. Pour le goûter d’anniversaire avec des milliers d’amis, ce sera plutôt le 29 avril.

Pour remporter cette délicieuse invitation, devinez juste ces 4 nombres :
- Quel âge Ben & Jerry’s a cette année ?
- Et quelles sont les années de lancement des glaces suivantes aux Etats-Unis ?
Comme d’habitude, je ne répondrai que par non, oui ou hihihi. Et vous pouvez bien sûr jouer plusieurs fois, tant que ce n’est pas 2 fois de suite : un(e) autre gourmand(e) doit laisser un commentaire après le vôtre.
Bon, j’y vais de mon pronostic : 900 ans, 1929, 1987 et 2007. Et vous ?
Afin de ne plus subir les grognements de Nordine, je vais vous narrer l’histoire de notre glace au cheesecake et à la fraise.
Fin 2003, nous avons soutenu l’initiative Rock the Vote, visant à inciter les jeunes américains à s’inscrire sur les listes électorales, avant l’élection présidentielle de 2005.
Une glace au cheesecake à la fraise a été créée pour l’occasion. Des propositions de noms ont recueillies sur un site d’AOL (!), et les votes de 350000 internautes ont permis de n’en retenir qu’un : « Primary Berry Graham ».

En Europe, nous avons préféré appeler cette glace « Peace of Cake ».
Nous jouons ainsi avec l’expression « piece of (cheese)cake » – c’est du gâteau – tout en vous envoyant des colombes de paix à la fraise !

Peace of Cake est une glace qui gagne à être connue. Sa délicieuse recette se laisse difficilement deviner avec un nom pareil. En tant qu’amateur, je trouve que c’est bien dommage…
La décision fut difficile à prendre, mais Peace of Cake va porter un nouveau nom. Rassurez-vous, la recette ne change pas d’un gramme…
Autant être franc, nous l’avons jouée directe « Strawberry Cheesecake ».

Crème glacée au cheesecake à la fraise, morceaux de fraises et de pâte à cheesecake
Souhaitons à cette vieille connaissance, la bienvenue !
Aujourd’hui je vais vous parler de la Greyston Bakery, l’un de nos fournisseurs historiques et socialement responsables. Une bien belle histoire.
Greyston fabrique les brownies que vous retrouvez dans Chocolate Fudge Brownie, l’un de nos « all time best-sellers ».

Greyston est implantée à Yonkers, à proximité du Bronx dans l’État de New York. La société recrute des personnes défavorisées, exclues du marché du travail. Je vous laisse imaginer pour quelles raisons… les États-Unis étant tristement célèbres pour leurs inégalités sociales très marquées.
Greyston Bakery appartient à la Fondation Greyston. Celle-ci collecte les bénéfices générés par l’activité économique de Greyston et les réinvestie dans des aides sociales : logements pour sans-domicile fixe ou familles à très faibles revenus, soins pour personnes atteintes du Sida, actions locales…
En 1987, Ben est séduit par le projet Greyston, porté par Bernie Glassman, un ex ingénieur aéronautique devenu moine bouddhiste.
Nous effectuons alors une commande peu importante pour nous mais colossale pour la toute jeune Greyston Bakery. Bernie mise tout sur celle-ci, s’endette pour renforcer ses moyens de production.
Mais à la livraison, c’est le drame. Les brownies sont tous collés, en blocs, inexploitables. À l’usine, nos équipes sont catégoriques « on renvoie ! », ce qui est impossible pour Bernie. Mais les innovations naissent souvent par accident : afin de ne pas renvoyer la commande, nous improvisons avec une nouvelle recette. Ce sera le Chocolate Fudge Brownie.
Ce nouveau parfum se vend plutôt bien mais cela grogne en interne. Les brownies sont très durs à mélanger avec les autres ingrédients, nos équipes ont l’impression de trinquer à la place de Greyston.
Quelques mois plus tard, la venue de membres de Greyston dans le Vermont et celle de nos équipes à Yonkers permettent de vraies rencontres humaines (l’histoire ne dit pas combien de glaces ou de bières de l’amitié furent consommées). Les équipes seront désormais soudées et pour de bon.
Nous continuons à travailler avec Greyston dont les brownies sont certifiés bio. Nous les affrétons jusqu’en Europe par bateau. Pas question d’utiliser des avions cargo !
Au début de notre collaboration, nous avons payé à Greyston un supplément pour chaque brownie produit. La production augmentant, Greyston améliorant sa productivité, ce supplément a été diminué. En effet, pour qu’un investissement socialement responsable soit tenable, il faut aussi qu’il soit rentable ! Soyez rassurés, si c’est le cas pour nous, ça l’est aussi pour Greyston qui s’est considérablement développée en 20 ans.
Si je vous raconte tout cela ce n’est pas pour vous montrer à quel point notre entreprise est sympa – bon, un peu quand même ;) – mais plutôt pour faire la promotion de ce type d’initiatives et contribuer, ne serait-ce qu’avec une lichette, à ce qu’elles se développent davantage. Donnons un sens humain aux affaires!

Ben & Jerry’s est originaire du Vermont aux État-Unis. Cet État est si singulier que « la plupart des Américains considèrent les habitants du Vermont comme des Canadiens qui ne s’assument pas » (sic).
Historiquement de tendance progressiste, le Vermont s’est démarqué du reste des États-Unis dès 1777 par l’abolition de l’esclavage, puis de la peine de mort en 1964, et récemment avec une union civile homosexuelle garantissant des droits équivalents à ceux du mariage.
Le Vermont est aussi connu pour sa politique active de protection de l’environnement. Le programme Efficiency Vermont permet notamment aux particuliers et aux entreprises d’être conseillés afin de réduire leurs dépenses énergétiques. Vous ne rêvez pas, cela se passe bien au pays des suburbans et du gallon d’essence pas cher.
Si Ben et Jerry sont certainement nés pleins de bonnes intentions, évoluer dans un contexte si positif a probablement renforcé leur foi en une économie responsable.
Tout ce qui précède n’est pas une description d’un folklore atypique destinée aux brochures touristiques. C’est bien d’actualité. En réaction à la politique actuelle des États-Unis, un mouvement milite pour l’indépendance du Vermont!
Si le mouvement a peu de chance d’obtenir gain de cause, il permet surtout à des individus de faire part de leur mécontentement envers l’administration fédérale : dépenses militaires démesurées – Ben est bien d’accord – et protection de l’environnement indigne d’une première puissance mondiale.

Crème glacée au chocolat au lait avec de la guimauve, du caramel et des poissons en chocolat.
Phish Food, une glace pour les poissons qui mangeraient leurs semblables en chocolat ? Calembour, holorime ou contrepètrie ? Rien de tout cela. Juste une référence à Phish. Soit la 2ème glace après Cherry Garcia dont le nom s’inspire d’un groupe de rock.
La recette fut imaginée par Theodore « Tad » Van Leer, travaillant pour un fournisseur en chocolat de Ben & Jerry’s. Son nom original : Moby Dick. Nous avons modifié quelque peu sa recette et associé le nouveau parfum à Phish, nos voisins dans le Vermont.
Les membres de Phish exigèrent juste qu’une partie du prix de vente de chaque glace soit reversée à la WaterWheel Foundation, dont le but est la réhabilitation du lac Champlain, fortement pollué.
Phish Food fut lancé en 1997 et a plutôt été apprécié depuis : en pôle des ventes aux Royaume-Uni et 6ème aux Etats-Unis.
P.S. : Phish Food @ Yahoo
En 1977, fauchés, désœuvrés mais toujours portés sur la bonne chère, Ben et Jerry s’imaginent aux commandes de leur affaire culinaire. Manger étant leur passion, autant monter un projet qui leur correspond !
Des professionnels du secteur les préviennent : gérer un restaurant n’est pas facile, le risque de fermer boutique est bien plus important que pour la plupart des PME.
Autre conseil : les restaurants qui durent sont souvent ceux qui ont un menu limité. Les 2 amis d’enfance s’imaginent se spécialiser dans les fondues, les kebabs, les pizzas… Des plats appréciés par les populations urbaines mais qui n’existent pas encore près des universités des zones rurales comme celles du Vermont.
Puis vint l’idée d’UBS : United Bagel Service. Un bagel en kit + le New York Times livrés chaque matin à votre porte !

photo : adactio
Enthousiastes, Ben et Jerry se déplacent chez un marchand de matériel d’occasion pour restaurants. Ils y rencontrent le patron, Lou, cigare au bec et Cadillac comme au cinéma. Big Lou leur fait visiter son entrepôt tout en leur délivrant de précieux conseils : « ils vous faut ceci, cela, et absolument cette machine… ». Investissement minimum : 40 000 dollars. Soit un peu plus du double du chiffre d’affaire que les 2 baba-entrepreneurs s’imaginent faire en une année!
Un cours par correspondance à 5 dollars, une grande sorbetière, une station-service et bientôt 30 années de bonheur !
Ben a parfois regretté les ingrédients basiques des bagels (eau et farine), ou la taille des boites de pizza permettant de parler d’une traite de tous nos engagements. En revanche nul ne sait si ses bagels auraient été plein de fudge au caramel ou si une pizza Ben & Jerry’s à la guimauve aurait existé !
Si vous pensez être super forts en « Oxford Street English », voici de quoi vous jauger ! Nos confrères britanniques ont résumé presque 30 années d’histoire en 30 secondes, accent et débit local compris :
À la fin de la vidéo, une boutade : « Next step : save the World ! ».
Cela risque d’être difficile, surtout après avoir pris connaissance (entre autres) du classement des 30 sites les plus pollués au monde…
Plus sérieusement, nous faisons tout d’abord en sorte que notre activité préserve l’environnement.
Et nous avons aussi créé le Climate Change College, un projet fou d’expédition en Arctique et de sensibilisation aux conséquences du changement climatique. Si vous avez l’âme d’un l’âme d’un(e) aventurier(e) calé en écologie, inscrivez-vous !
Au programme aujourd’hui, une cuillerée d’histoire !

Aux États-Unis, sur chaque pot Ben & Jerry’s est mentionné « Vermont Finest ». En effet nos glaces sont produites dans le Vermont, un État très très proche du Canada : hiver frigorifique, grands lacs, érables tous rouges à l’autonome et été très discret. Et pourtant un tel climat n’a pas effrayé Ben et Jerry, originaires de l’État de New York, et tous fraichement débarqués dans le Vermont en 1978.
Quelques mois auparavant, lassés d’enchainer les échecs universitaires et les petits boulots*, nos 2 bonshommes décident de créer leur propre affaire. Après avoir investi la somme faramineuse de 5 dollars dans un cours par correspondance pour s’initier à l’art délicat de la crème glacée, Ben et Jerry n’ont pas vraiment de quoi financer une étude de marché. Au lieu de se venger sur le chocolat, ils réalisent leur étude avec les moyens du bord. Ils recherchent une ville :
Quelques villes sont identifiées, Ben et Jerry rêvent déjà de leur paillote au bord de la mer, et puis c’est le drame : toutes les villes listées sont déjà assaillies par des dizaines de boutiques vendant des glaces. D’autres gros malins ont eu la même idée ! Mais ils n’ont pas eu celle-ci : s’installer là où il fait froid.

La 1ère boutique Ben & Jerry’s ouvrira donc à Burlington, Vermont, une ville étudiante où la concurrence est à l’époque loin d’être aussi rude que le climat. Les glaces plaisent, les clients sont au rendez-vous, le froid aussi. Et ce n’est que le début d’une histoire sacrément gourmande où le Vermont jouera un rôle important…
En savoir un peu plus sur notre histoire impertinente :
* Le dernier job de Jerry avant Ben & Jerry’s : assistant labo, coupeur de têtes de rats !