Polluons avec Google ?

google earth day

Dimanche dernier, petite secousse dans la galaxie Google avec un article du Sunday Times consacré à l'étude d'un physicien de Harvard dont la conclusion serait : 2 recherches sur Google émettraient autant de CO2 que faire bouillir l'eau d'une tasse de thé.

Et mes 148 recherches Google quotidiennes (dédicace à Feltron) = 74 thés et plein de litres d'eau bouillante ? Ouch.

Je suis sceptique. Voyons ça de plus près.

C + O + 2 = ?

Selon Alex Wissner-Gross, le physicien de Harvard qui a mené l'étude, une recherche Google émettrait en moyenne 5 à 10g de CO2. Et selon le journaliste du Sunday Times, faire chauffer de l'eau avec une bouilloire électrique pour une tasse de thé : 15g de CO2.

De son côté, Google - très actif dans "l'informatique verte" - affirme que chaque recherche sur son site émet en moyenne 0,2g de CO2. Ce qui fait nettement moins que ce qu'avance le Pr Wissner-Gross.

Où se cache la différence de 4,8 à 9,8g de CO2 ? Réponse : chez vous. Ou plutôt, dans votre ordinateur – du moins, si les estimations de Google et du physicien sont justes.

Et c'est là que cela se complique. Car tous les ordinateurs ne consomment pas la même quantité d'énergie. Entre le vieux pc de la compta, la tour overclockée d'un joueur, les ordinateurs portables sur batteries dont l'écran peut varier de 7 à 20", et mon téléphone avec une connexion 3G, vous avez toute une gamme d'émetteurs de CO2, allant probablement du simple au x10. Il semblerait que Wissner-Gross n'ait pris en compte que les PC de bureau.

De plus, l'étude suppose qu'à chaque recherche correspond une utilisation de plusieurs minutes de l'ordinateur. Ce qui n'est pas toujours le cas. Du coup, laisser penser que chacune de nos recherches Google déclenche une batterie d'opérations non visibles et fortement émettrices de CO2 est erroné. Tout dépend de l'ordinateur utilisé par l'internaute, du pays où il réside - l'on émet moins de CO2 dans un pays équipé dont l'électricité dépend fortement du nucléaire, cocorico, c'est moche mais c'est un fait - et de la recherche en elle-même (les plus populaires nécessitent moins de temps de calcul).

Moins n'est pas égal à 0

Il n'empêche qu'utiliser un ordinateur et se servir de Google, cela pollue, c'est certain. Mais comme dirait Hadrien chez Bagatelles, "peut-être moins que ce qu'il remplace".

Par exemple : direction Google pour une recherche, qui m'amène sur un article d'un journal en ligne, j'y consulte quelques pages. Auparavant j'allais chez le marchand de journaux, j'achetais un journal de plus de 40 pages (dont je ne lisais pas la moitié). Ce journal avait longuement voyagé, et était imprimé avec des encres pas forcément végétales et du papier provenant d'arbres...

Idem pour les courses en ligne. Comme vous le savez déjà, se faire livrer a un impact bien moindre sur l'environnement que se rendre en magasin, surtout quand on y va avec une voiture qui émet en moyenne plus de 200g de CO2 au kilomètre, tout de même.