De la gourmandise - 2nde partie

goumandise

Suite de l'article consacré à la gourmandise...

L'héritage coupable

Platon, déjà, prônait la modération et condamnait la gourmandise. Étonnant, alors que la gourmandise n'est pas synonyme de gloutonnerie ou de goinfrerie. Être gourmand, c'est tout simplement avoir du plaisir à manger des choses que l'on aime.

Chez les Chrétiens, la gourmandise fait partie des 7 pêchés capitaux, rien que ça. Il semblerait cependant que ce soit un problème de traduction, fort dommageable, car en Anglais, le pêché concerné est "gluttony", plus proche de la gloutonnerie...

Et pour sceller définitivement la culpabilité en nous, subissons l'héritage culturel du Moyen-âge ! Les Nobles et le Clergé festoyaient à table, et se faisaient sauter la panse grâce... à la pression fiscale exercée sur le peuple, condamné à la soupe et au pain sec. Le peuple n'avait pas le droit à la gourmandise, et était coupable s'il transgressait cet interdit.

Les valeurs évoluant, à la Renaissance, il n'était plus concevable de manger au delà du raisonnable. L'on opposa alors l'excès de gourmandise au "savoir vivre".

Nous voilà donc avec une culpabilité pour "la haute société", une autre pour le "peuple", une pour les Chrétiens, et une pour les amateurs de philosophie grecque...

Darwin aimait-il la bonne chère ?

Fort heureusement depuis, une bonne fourchette, est synonyme de convivialité. Un gourmand est un bon vivant, avec qui l'on passe de bons moments... Et ce n'est pas l'aphorisme suivant qui le contredira : "dis-moi ce que tu manges, comment tu manges, et je te dirai qui tu es !"

D'ailleurs, toujours dans cet excellent mémoire, est évoqué le "principe d'incorporation" de Claude Fischler, plein de bon sens :

"En incorporant un aliment, nous pensons, consciemment ou non, incorporer les vertus réelles mais aussi imaginaires de cet aliment. En mangeant une orange du Maroc, j’absorbe du soleil et de la chaleur de l’Afrique du Nord. Mais il y a bien plus : dans certaines sociétés traditionnelles, les guerriers évitent de manger du lièvre de peur de devenir couards comme le lièvre, les femmes enceintes de manger du porc de crainte d’avoir des enfants très laids."

Au delà de ces "images", l'évolution des espèces a toujours favorisé celles qui varient leur alimentation. Comme les Hommes, par exemple. Et qui dit variété, dit goût, gourmandise, et donc plaisir.

Et sans plaisir on ne vit pas... n'est-ce pas ? :)